LA CABANE - Titine et Nana - Compléments

TITINE

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PHOTOS DE LA CABANE

Titine à droite avec châle noir - Demoiselle d'honneur fête des Mouettes



Article presse lors du décès de Titine








HOMMAGE DE PATRICE GOYAT

Titine et sa cabane

Il a écrit l’école des femmes, il a écrit les femmes savantes et si Molière avait connu Christine Vigouroux, sans doute lui aurait-il offert le rôle principal d’une pièce en trois actes, dont le décor se situerait dans un bar sur la corniche et qui se nommerait « La Cabane »…
Christine, vite devenue « Titine La cabane », ah sa cabane… mélange de maison provençale, de paillotte corse et de goélette. Au mur, à stribill, des carapaces de tortues vernies, des crabes géants, des langoustes de Mauritanie. La gentillesse et la générosité de la patronne font de cet endroit magique un haut lieu douarneniste .Titine est parfois aidée par sa soeur Nana et…
Mais qu’est ce que j’entends, les trois coups sont frappés, Molière a été inspiré et il fait rentrer sur scène Titine et sa sœur écoutez…

Titine :
Nana Servez distu une glace au petit
Il ne paie pas, le père fait la Mauritanie
Vanille et chocolat, mettez lui deux grosses boules
Vous avez vu son corps ? Cui là c’est un maguedoul.
Nana
A vous écouter tout le bénéfice ira dans son derrière
Et vous aurez, s’il est straunoré des raisons avec le père.
Titine :
Vous n’allez pas m’apprendre mon métier Nana
C’est fin des années trente que je suis venue là,
Une concession sur le domaine public
Pour servir à boire à du monde plus que chic.
Des douarnenistes bon teint à qui je suis confidente
Et quand je les écoute pour sur je suis contente.
Et je ne vois rien là si j’en puis raisonner
Qui blesse ta pensée et qui fasse frissonner.

Nana
Enarche pill que je suis à vous écouter
Et par-dessus la digue je vais vous toulbenner.
De tels attachements ô ciel sont pour vous plaire ?
Rien que de vous écouter mes poils sont à pikaire.
Titine :
La cabane c’est ma vie, mon bijou, mon joyau
Servir à boire à ces gens en maillots
Des habitués, bourlingueurs de bistrots
Qui m’offrent tous les jours une poignée d’ bigorneaux.
Et quand vient le soir la caisse sous le bras jusqu’au Sacré Cœur,
Ils me raccompagnent et brisent les maux du cœur…
Car vois-tu Nana, je suis un peu comme une deuxième Maman,
Dans cette courte balade eux jouent des vieux amants.
Nana
Ohuu, taisez vous, que votre esprit est d’un bas étage
Que vous jouez au monde un petit personnage.
Y’a pas que la cabane qui peut séduire à votre âge,
A vous écouter une fois de plus je suis en rage.
A de plus hauts objets élevez vos désirs
Songez à prendre goût à des plus nobles plaisirs.
Titine
La cabane c’est mon plaisir ma vie, j’aime son ambiance
Voulez vous Nana refaire un pas de danse ?
Remettez en route le pick up
Mais regardez on est comme deux pin up ,
Une danse à striller ou une danse à tarasser ?

Tous les garçons et les filles de mon âge
Se promènent dans la rue deux par deux
Tous les garçons et les filles de mon âge
Savent bien ce que c'est qu'être heureux
Et les yeux dans les yeux et la main dans la main
Ils s'en vont amoureux sans peur du lendemain
Oui mais moi, je vais seule par les rues, l'âme en peine
Oui mais moi, je vais seule, car personne ne m'aime
Ohuu Nana regardez don ce qui fait la vie

Avec nous c’est la douarneniste philosophie,
Qui élève les femmes au dessus de tout le genre humain
Et donne à la raison l’empire souverain.
Ce sont là des beaux mots des doux attachements
Qui doivent de la vie occuper les moments.Le rideau est tombé et Titine a quitté la scène sans offrir à certaines et certains d’entre vous, le privilège de plonger depuis la balustrade du café. Parfois encore, dans les premières vaguelettes qui viennent mourir sur la plage des dames,  on peut reconnaître le timbre de sa voix et celui de sa sœur Nana ; en leurs noms, et au nom d’elles il me reste juste le temps de vous offrir cette citation de Molière

«Les gens de qualité savent tout sans   avoir jamais rien appris. »                                                                               


Patrice GOYAT                                                                      


 «  Au nom d’elles »                                                                                                                                      Mars 2015