An 1600 - Douarnenez - Un drôle de sieur!
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| Quand le côté terre sauve le côté mer |
Asseyez-vous, aujourd'hui, cours d'histoire, je vais vous conter un jour de gloire dans ce bon port de Douarnenez….
Au temps de la Ligue, aux abords de l'An 1600, un noble, le Sieur de Guengat, Jacques de son prénom, s'était alors mis au chaud à Brest auprès du parti de son roi hérétique, le bon roi Henri IV... donc un sieur hérétique en pays breton…pas forcément bon pour son avenir.
[Hé] las!, notre sieur rêvait là-bas, à Brest même, de gloire mais inversement proportionnelle à son courage qu'il avait léger, sans donc se mettre en danger, juste de quoi asseoir une réputation à peu de frais.
En effet, d'autres illustres de sa caste ne trouvaient mieux, dans ces temps de trouble, que de piller leur Bretagne, noble tâche, assurément!
Notre sieur, rappelons "de Guengat", pensa un matin: "Et si, moi aussi je m'y mettais, hé bien!, si je prenais ce proche petit port de Douarnenez, pour assurer ma gloire…ad vitam aeternam?"
Sitôt dit, sitôt fait…nous allons voir que notre sieur, quand il s'agit de catastrophe, n'attend pas!
Il arme une flottille – quand même montée de bric et de broc - flotille plus avec des intentions de butins et d'orgies que de gloire éternelle…
Donc, une flotille – d'une douzaine de barques et de peut-être quatre cents hommes – arriva un matin à Douarnenez, avant qu le soleil ne se lève au-dessus du Menez Hom.
Le brave port de Douarnenez, aspirant au bonheur simple de chaque jour – Carpe Diem – qualité qui se perpétuera dans le sang de sa descendance, oui, ce brave et bon port n'était protégé que par un pauvre garde qui, vu l'heure, devait au surplus se trouver douillet dans les bras de Morphée.
Pour l'image télévisuelle, nous dirons qu'il fut sauvagement piétiné par ces voyous courageux, lesquels ne tardèrent pas à se mettre à l'œuvre, après avoir mis nos douarnenistes hors d'état de…leur nuire, puis de faire ripaille, bonne chère, orgies inavouables et pillages fructueux, le tout en bonne et due forme…
Ainsi donc, Douarnenez figé, Douarnenez humilié mais, bientôt, Douarnenez libéré!
Pendant cette débauche, le tocsin sonna dans les paroisses voisines, Ploaré, Poullan et, peut-être même, comble, Guengat!, et de forts paysans, dans leurs bragou braz blancs, sans doute plus la tête sur les épaules que leurs voisins doux rêveurs douarnenistes entrèrent en armes, disons leurs faux, fourches et autres outils de travail, et par leur farouche détermination, ne tardèrent pas à repousser les ennemis – ivres morts à cette heure – jusque dans leurs derniers retranchements qui, nous allons le voir, ne seront pas de tout repos…
Voilà!...ces .ouillons, fiers arrivés à marée haute, ne pouvaient imaginer [...pas la peine de calculer leur Qi] qu'il leur faudrait si tôt , palots, à marée basse, voguer de si tôt!
Ils trouvèrent la plupart de leurs barques à sec, personne n'ayant voulu rester faire le quart de peur de rater la fête, les barques amarrées se retrouvaient pendues au quai, comme un saucisson à la cheminée [là, j'invente…].
Les courageux violeurs, orgiaques et autres pillards avaient alors le choix – celui de Charybde en Scylla – de se noyer en tentant de rejoindre les barques encore à flot…ou de se faire lyncher par les preux douarnenistes enfin réveillés.
Cette histoire est venue jusqu'à nous par le bon chanoine Moreau, "prébendé" de Beuzec Cap Sizun et laissons lui la plume pour conclure:
"Ceux qui se sauvèrent de cette entreprise s'en retournèrent avec leur capitaine à Brest, plus chargés de " confusion que d'honneur".
…Pour finir et pour dire que notre sieur têtu, peu de temps après, se mit à nouveau en tête de revenir, cette fois, occuper l'île Tristan, momentanément laissée par l'autre sieur Fontenelle - de même acabit et pire mémoire - qui, "fissa", le fit prisonnier et nous n'aurions pas aimé être à sa place; il finit par revenir à Brest, abjura la religion protestante, pensant peut-être que ceci expliquait peut-être cela…Ah, il finirait par nous être sympathique ce Jakez, drôle de sieur quand même, espérons qu'il fut plus heureux en amour qu'à la guerre!
