Janedig ar Rouz | Gwerz reprise par les Soeurs Goadec

 

Capture d'écran - Jeune fille de Douarnenez ou du Cap songeuse devant la Baie...
Oeuvre de Jules BRETON
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Sans trop en connaître le sens, le nom de gwerz - pour beaucoup d'entre nous, surtout qui vivaient à la campagne - n' avait rien de quotidien; c'est, lors des mariages, que se levaient soudain un couple, par exemple, et lançaient après avoir éclairci leurs voix leur gwerz et ce dont je me souviens, c'est que ce couple nous racontait - avec force mimiques et postures - une histoire comme si nous étions avec eux au pied de la cheminée, souvent une histoire dramatique et émouvante (afin que chaque convive rentre chez lui le soir en se disant qu'il y avait pire ailleurs...), cette gwerz me fait penser à une autre "Genovefa" chantée magnifiquement par Madame Corbel...si je la retrouve je l'ajoute sans commentaire. 
Bonne écoute, c'est comme envoûtant si on y ajoute sa propre émotion.
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Cette gwerz raconte comment une jeune mariée se donne la mort alors qu'elle se fait enlever à cheval par le Seigneur des lieux. Il n'en est pas à son coup d'essai puisqu'elle est la 19ème à subir ses outrages. Le genre d'évènement qui serait dénoncé par #Metoo aujourd'hui... 
Ce texte est extrait de la remarquable thèse d'Eva Guillorel 

"La complainte et la plainte : chansons de tradition orale et archives criminelles" 

de 2008. Comme elle l'écrit, les sœurs Goadec sont les chanteuses de tradition orale qui ont été le plus popularisées dans les années 1970, lors de l’engouement de tout un public non spécialiste pour la musique bretonne, notamment sous l’impulsion d’Alan Stivell qui a beaucoup contribué à les faire connaître. Il est vrai que ces trois femmes – Maryvonne l’aînée, née en 1900, Eugénie et Anastasie, possédaient un très riche répertoire, servi par un timbre vocal bien particulier et une pratique familiale du chant à l’unisson et à plusieurs voix. Originaires de Treffrin près de Carhaix, elles ont été très souvent enregistrées et plusieurs disques leur sont entièrement consacrés. 

C’est de l’un d’eux, réalisé en 1975, qu’est tirée cette interprétation de la complainte sur l’enlèvement de Jeannette Le Roux par René de La Tremblaye : ce nom est ici transformé en Tampleur, tandis que la fin de la chanson le désigne comme étant le roi – une spécificité propre à cette version

La transcription, prise dans le livret qui accompagne l'édition de 1990 chez Keltia, a été faite par Donatien Laurent en suivant la prononciation dialectale des chanteuses au plus près. La traduction en français est d'Eva Guillorel. J'ai écrit sur Musescore un arrangement et une orchestration de cette mélodie que je chante en Em. On remarquera le clin d'œil à la mélodie "Lady d'Arbanville" de Cat Stevens. J'ai pris des photos de tableaux présentés dans le groupe Facebook "Les peintres et la Bretagne" ainsi que quelques photos de la statue équestre du célèbre condottiere vénitien Bartolomeo Colleoni qui m'a semblé s'imposer dans le rôle du méchant Tampleur. 

Paroles en Breton (traduction en français dans les sous-titres de la vidéo) : 

Janedig er Rouz euz er Gastell-Poll Ar vraa merh yowank e gergè en iol. - Me zad me mamm e n'oh ké vur O von de laket ma eured d'ar zul. - O pé vèh kontan pè ne vèh ké O heured d'ar zul a vo laket. - Ma eured d'ar zul ma uè laket O na zur wah mé a o vo lèrèt, O gant Tampleur ag é zoudardet. Janedig er Rouz gwiska é dillet Et dè gowt é yont person beleg. - Dibonjour dah ma yont person beleg Hwi ma guhefè de zé ma eured. - Me o kuhefè de zé o heured Panevè de louz o tilled, M'o lakefè n'or vé masonet. Benn p'oa ichu en avern eured, Oa leun en iliz ag er vérèd, Deuz e Dampleur ag i zoudarded. - Otrou person lavaret timé, Pleh ma 'r wreg yowank peus eurejet ? - N'é ké on eured e meume greit, On interaman ani meus greit. - Ba peleh ma én douar peus vreizet, O de laket o hinteramet ? - Mé na meus ket brèset e zouar Me meus hin laket n'or bez masonat. - N'i ket on interaman peus greit Janedig ar Rouz a peus eurejet Janedig ar Rouz larè d'er vérèd Adieu d'ar gompagnunes eured. Me zo hon breman in vur ar vered A de laret adieu d'em bried. In vur rièr ar vered ni yè két Mez war lost me marh ne laron kèt O pe oa gant en hent e vonet. Zigan er Rou e neus goulennet, Routel de zisterdo i tillet. N'i ké rei di o hani erhan, D'o hani owar ani am eus hoan. Mez i zisterdo é dillet En è halon a neus hi vlantet. Neuzen ar Roué neus lavaret, Kerzet alese ma zoudarded ; Kerzet alese chomé ké n'o sa, Kar amen 'z éo kouet er plahig vra. Triweh groeg eured em eus lèrèt, Janedig ar Rouz éo en nontégèd, Hi euz ar muya ma glaharè.

Voici Mme CORBEL - à 48 secondes, ne vous étonnez pas de la langue allemande d'accompagnement -ainsi que - comment l'écarter - la magnifique interprétation de Youenn Gwernig...

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