LA MÉMOIRE DE MICHEL MAZÉAS | LE TELEGRAMME 9 AVRIL 2011| Je me souviens... «Du temps où j'allais à l'école»


La classe de CP-CE1 de Mme Faou, à Ploaré, en 1935, à l'ancienne école des garçons.
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L'article du Télégramme étant truffé de points d'interrogation, ils ont été supprimés et voici par Evernote:
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L'actualité autour de la carte scolaire renvoie l'historien local, Michel Mazéas, à ses propres souvenirs d'écolier, quand le petit garçon qu'il était vivait encore l'insouciance de son âge...
"J'ai retrouvé cette photo de 1935, avec la quarantaine d'élèves du CP-CE1 de Mme Faou, prise dans la cour de l'ancienne école de garçons de Ploaré, à l'actuel 74, rue Laennec."
Certains s'y retrouveront: Jean Louboutin et son cousin Yves, Robert Nouy qui montait de Pen ar C'hoat tous les matins, Riri Lagadec du Veil Vihen...
Destins tragiques
D'autres visages illustrent des destins tragiques: Pierre Lucas de Kroas Kerloc'h, massacré comme otage en août1944, Gaby Bizien péri en mer en 1947 avec le "Michel Nobletz" de Louis Magnan dit "Ar Bonton". Non sans émotion, je découvre deux victimes de la guerre d'Indochine: Jean Croq, de Kervignac, tué en 1947 et Raymond Le Corre, de Pen ar Menez, tué en 1948. Leurs noms figurent sur la stèle commémorative du square Jos-Pencalet.
Ces 36 gamins sont de la 1ère génération qui prendra possession de l'école neuve, inaugurée en 1938. Plus de la moitié d'entre eux a disparu aujourd'hui. Les survivants sont tous octogénaires...
Triple inauguration
Cette année-là, le sénateur-maire de Ploaré, François Halna du Frétay, avait fait fort: une école, une mairie, un château d'eau, tout cela salué par une réception hors du commun et un banquet pantagruélique. Songez donc: charcuterie, crustacés, poisson fin, viandes diverses et... kouign amann! Sans oublier vins, liqueurs, café et pousse-café... M. Faou, le directeur de l'école, avait organisé un spectacle assuré par les élèves. Tout Ploaré avait pavoisé sous la direction de Gaston Pottier, artiste peintre renommé et garde champêtre, soutenu par le comité des fêtes, le cercle symphonique de Douarnenez et ses quatre virtuoses: René Le Moal, Paul Henry, Mme Auguste et Mlle Tallec.
Le breton à l'école
De nombreuses personnalités avaient répondu à l'invitation du sénateur-maire. M. Bernot, inspecteur d'académie, apporta une belle réponse au discours du sénateur-maire, son soutien et son admiration pour l'entreprise éducative conduite localement. Le fait est que l'allocution de M. du Frétay avait été d'un très haut niveau, avec des passages d'une haute tenue littéraire et philosophique, soulignant particulièrement l'attachement du maire de Ploaré à la langue bretonne et à son enseignement à l'école, un domaine dans lequel il se montrait précurseur.
Euphorie de courte durée
J'ajouterai, qu'en plus, on avait le chauffage central à l'école! On n'avait jamais vu ça! Et, dernier clin d'œil à la modernité, pendant les inaugurations, un biplan "Luciole" et un monoplan "Farman", de l'aéro-club de Pluguffan, avaient survolé la fête... Hélas, l'euphorie n'allait pas durer. Deux ans plus tard, la Wermacht occupait l'école pour quatre ans. Quelques élèves de cette génération allaient payer cet épisode historique de leur vie. Souvenons-nous de Pierre Lucas, d'Étienne Kernours, le grand frère qui veillait sur nous, les petits...».
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